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Mantes-la-Jolie : quand un agent de sécurité à Carrefour confond sécurité et brutalité

🔴 Violence inacceptable chez Carrefour 🔴 Un agent de sécurité a violemment agressé une cliente suspectée de vol à Mantes-la-Jolie 🛒👊. La loi est claire : pas de fouille forcée, pas de violence disproportionnée ! 🚨 Carrefour dénonce, mais la précarité et la sous-formation des agents posent problèmes

Une scène d’une violence sidérante s’est déroulée le 25 mars 2025 au Carrefour Market de Mantes-la-Jolie. Une cliente, suspectée de vol, a été frappé par un agent de sécurité. Une vidéo devenue virale montre l’homme en uniforme enchaînant coups de poing, étranglement, gifles… Une démonstration de force qui n’a rien à voir avec la mission d’un agent de sécurité privé.

Si la cliente était effectivement en tort – d’après une source policière, elle aurait tenté de voler des bouteilles d’alcool et a été poursuivie en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) –, rien ne justifie l’agression qu’elle a subie. Et ce que dit la loi est sans appel : cet agent était totalement hors cadre légal.

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Un agent de sécurité sans droit d’user de la force

L’agent, en tentant de fouiller de force le sac de la cliente, commet une infraction. L’article L.613-2 du Code de la sécurité intérieure est très clair :

« Les agents exerçant une activité mentionnée au 1° de l'article L. 611-1 peuvent procéder, avec le consentement exprès des personnes, à l'inspection visuelle de leurs bagages à main et à leur fouille. »

Ici, il n’y a ni consentement, ni respect des procédures. L’agent aurait simplement dû prévenir la police et non s’improviser shérif du supermarché.

L'article R631-10 du CSI rappelle que si une personne refuse un contrôle, l'agent doit appeler les forces de l'ordre, et rien d’autre:

« Lorsqu'un acteur de la sécurité privée ne peut résoudre un différend de manière amiable avec un tiers qui ne veut pas se soumettre aux vérifications et contrôles légalement effectués, il doit faire appel aux forces de police ou de gendarmerie territorialement compétentes. »

Légitime défense ? Impossible

Certains pourraient arguer que la cliente l’aurait légèrement frappé avant l’altercation. Mais là encore, aucune justification légale ne tient. L’article 122-5 du Code pénal, qui régit la légitime défense, impose que la riposte soit nécessaire et proportionnée :

« N'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte. »

Ici, un simple coup léger ne justifie pas une pluie de violences, surtout venant d’un professionnel formé à la gestion des conflits.

Un droit d’appréhender… encadré

Un agent de sécurité a le droit d’interpeller un individu en flagrant délit, mais sous des conditions strictes. L’article 73 du Code de procédure pénale autorise tout citoyen à appréhender un voleur pris sur le fait.

« Toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche. »

Il est aussi admis par jurisprudence, que l’usage de la force doit être strictement limité à ce qui est nécessaire pour maintenir la personne sur place, mais ne peut en aucun cas justifié de la violence !. Or ici, la violence dépasse largement le cadre de l’appréhension légale.

Encore pire : la convention collective de notre secteur interdit aux agents de sécurité d’interpeller un individu sans être accompagnés d’un représentant du magasin. L’annexe I.8 de la convention collective des entreprises de prévention et de sécurité sur les métiers repères le dit noir sur blanc :

« En l’absence d’un représentant du client, la mission de l’agent est exclusivement préventive et dissuasive. »

L’agent était seul ! Il n’avait donc pas le droit d’intervenir ainsi.

Un agent en infraction sur sa tenue réglementaire

Un autre détail qui saute aux yeux dans cette vidéo : l’agent de sécurité ne porte pas la tenue réglementaire imposée par le Code de la sécurité intérieure.
L'Article L613-4 du CSI et l'Arrêté du 18 juillet 2023 relatif aux tenues des agents privés de sécurité imposent aux agents de sécurité privée de porter une tenue avec une signalétique bien visible, comprenant l'inscription "SÉCURITÉ PRIVÉE" dans le dos.

« Le port d'une tenue spécifique est obligatoire. Elle doit être homologuée par l'autorité administrative et comporter la mention "SÉCURITÉ PRIVÉE" de façon apparente. »

Or, dans la vidéo, cette mention semble absente , ce qui constitue une nouvelle infraction de la part de cet agent. Un agent de sécurité mal identifié est un risque pour le public et une faute pour l'entreprise qui l'emploie.

Sécurité privée en grande distribution : la course au moins-disant, au détriment du professionnalisme

Cet incident illustre aussi un problème structurel récurrent dans la sécurité privée des grandes enseignes.
Dans la grande distribution, les entreprises de sécurité sont souvent choisies sur le critère du prix le plus bas. Conséquence ? Des agents sous-payés, mal formés, souvent livrés à eux-mêmes et sans véritable encadrement.

Quand un agent gagne à peine le SMIC, est soumis à des conditions de travail difficiles et manque de formation continue, il perd facilement son sang-froid au moindre conflit. Une erreur d’appréciation, une montée d’adrénaline, et il passe de vigile à agresseur en quelques secondes. Ce n’est pas un cas isolé, c’est un problème systémique.

Carrefour se lave les mains, mais le problème est plus profond

Face au tollé provoqué par la vidéo, Carrefour a immédiatement rompu son contrat avec la société de sécurité et annoncé porter plainte. Dans un communiqué, l’enseigne a condamné des "violences inacceptables", se dissociant totalement de l’agent. Une réaction attendue, mais qui cache mal une réalité dérangeante : la formation et l’encadrement des agents de sécurité dans certaines enseignes laissent clairement à désirer.

Un agent de sécurité n’est pas un policier. Son rôle est préventif, dissuasif, encadré par des lois strictes. Ici, il a totalement dépassé ses prérogatives, entraînant une faute grave qui pourrait lui valoir des poursuites pour violences volontaires.

La sécurité privée n’est pas une zone de non-droit

Cette affaire rappelle que le secteur de la sécurité privée ne peut s’affranchir du cadre légal. Si des agents sont parfois en première ligne face à des situations tendues, cela n’excuse en rien l’ignorance des textes qui encadrent leur métier.

Ici, l’agent a outrepassé tous les cadres légaux :

  • Inspection forcée du sac sans consentement → illégal (article L.613-2 CSI).
  • Non-respect de la procédure en cas de refus d’un contrôle → illégal (article R631-10 CSI).
  • Usage disproportionné de la force → illégal (article 122-5 du Code pénal).
  • Interpellation sans représentant du magasin → interdit par la convention collective.

Si la cliente a bel et bien volé, ce n’est pas à un agent de sécurité de rendre la justice. Un appel aux forces de l’ordre aurait suffi. Résultat ? L’agent a perdu son poste, Carrefour tente de sauver son image, et la cliente, elle, a été poursuivie en CRPC.

Rappel essentiel : faire respecter la loi ne permet pas de la violer, même contre des délinquants .

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